samedi 19 novembre 2016

Homosexualité, Acceptation et GPA : Parlons-en !

En ce moment, une petite polémique a lieu au sujet de certaines affiches de prévention qui montrent une étreinte entre deux hommes.
Ce léger remue-ménage (pour rien.) m'a donné envie de parler un peu de ce sujet qui me concerne comme il concerne pas mal d'autres gens : l'homosexualité et l'acceptation. (Bon, on va dire que le terme homosexualité englobe aussi la bisexualité, pansexualité etc d'accord ? Me tapez pas, c'est juste que je peux pas mettre tous les noms sinon j'ai pas fini...)

Pourquoi ces affiches font polémiques ? Et d'abord pourquoi l'homosexualité fait polémique ?
Pourquoi quelque chose de naturel et normal fait autant régir des gens qui ne sont ni concerné ni affecté par ça ?

Parce que oui, désolé mais en quoi le fait qu'une nana embrasse une autre nana gêne un couple hétéro qui se promène tranquillement ? En quoi le fait qu'un mec tienne la main de son compagnon dans la rue est censé déranger ce couple hétéro en train de boire son café en terrasse ?

"Je dis quoi moi à mes enfants ?"

Bah tu lui dit que l'amour, c'est pas que un homme et une femme et que c'est normal. Et ton enfant bah il sera heureux plus tard de pouvoir te présenter son petit ami du même sexe sans avoir peur de se faire jeter dehors.

Parce que ce n'est pas normal de devoir cacher ses relations à son entourage par peur d'être rejeté. Ce n'est pas normal et c'est dangereux.

Admettons : votre doux garçon (qu'on va appeler Isaac parce que j'aime beaucoup ce prénom) est homosexuel (grand bien lui fasse). Il rencontre un autre garçon : c'est le coup de foudre, ils s'aiment et, par le plus beau des hasard naturel, ils en viennent à faire l'amour.
SAUF QUE : papa et maman tiennent un discours homophobe donc il leur a caché sa relation et eux n'ont pas pu faire leur taf de parents responsable : la prévention.
Isaac, dans le feu de l'action, ne se protège pas avec son petit ami et là c'est pas cool parce que l'un des deux à une IST.

L'acceptation est importante et pas que pour ça.
C'est pas cool de grandir dans une famille qui nous fait nous sentir anormal. Ou en danger. Littéralement en danger : craindre de tomber amoureux parce qu'on ne peut pas présenter son ou sa petite amie, passe encore (en fait non, ça passe pas.). Mais craindre de dire à ses parents "j'aime les filles" ou "j'aime les garçons" (ou "j'aime les deux.") sous peine d’être jetés dehors ou engueulés et rejeté ce n'est pas une ambiance de rêve et ça pèse lourdement sur le moral.

J'en reviens à mon propos du début : les hétérosexuels.

Pourquoi est-ce que les hétérosexuels sont aussi dérangés par l’existence de l'homosexualité ?

En quoi le fait que les homosexuels veulent se marier, fonder une famille (oulala la GPA c'est pas bien, j'en parlerais après) ou tout simplement avoir le droit d'être ciblés pour des campagnes de prévention contre les IST dérange autant des gens que ça n'affecte pas ?



- Les hétéros ne payent pas de taxes pour que les homos puissent faire leur vie.
- Ils ne sont pas obligés d'embrasser des gays ou de coucher avec.
- Ils ne sont même pas obligés d'accepter ! Ils peuvent juste ignorer tout ça pacifiquement.

Mais non.
Ils font polémique.

"Toutes ces affiches à caractère homosexuel vont influencer mes enfants !"



Une sexualité ne s'influence pas, ce n'est pas un choix. Et puis bon, nous avons vu des couples hétéros à la télé toute notre vie, dans les séries, dans les rues, dans les livres, au cinéma, sur les pubs en grand : ça ne nous a pas influencés à être hétéros.

"Ces images sont obscènes !"

 Plus obscènes que les femmes en partie voir complètement nues pour vendre vos parfums et vos déos ? Plus obscènes que toutes ces productions érotiques (scènes implicites ou explicites à la télé...) ?

"Vous nous imposez votre sexualité !"

Parce que vous ne le faites pas ? Excusez moi mais : 99% des couples à la télé sont hétéros. Dans les livres c'est pareil. Les films. Les pubs sont explicitement hétéro-normées (la femme cherche à séduire l'homme et inversement) et j'en passe. Lequel impose le plus sa sexualité à l'autre maintenant ?

"Le mariage c'est sacré, la bible elle a dit Adam et Eve, pas Adam et Steve !"

Moui, excusez-moi mais pour le coup la religion stipule qu'on ne doit pas avoir de relation sexuelles hors mariage, qu'il est impossible de divorcer parce que le mariage est un lien entre les mariés et dieu et que coucher avec quelqu'un d'autre que son mari/sa femme c'est pas bien.
Aller, pour rire : combien parmi tous les hétérosexuels bien pensant voulant nous sortir de notre péché suprême ont respecté la parole sainte au lieu de nous la prêcher seulement quand ça les arrange ?

"La famille naturelle c'est une maman et un papa !"

Non. La famille naturelle, c'est un groupe de membres hiérarchisés et régis par des lois (cours de "Droit de l'enfant, des femmes et des familles", première année de psychologie).
DES familles oui. Parce qu'il est légalement considéré qu'il n'y a pas UNE mais DES familles : monoparentales, homoparentales, recomposées, etc...
Personnellement je préfère savoir un enfant heureux dans une famille homoparentale que malheureux dans une famille hétéro-parentale avec un père alcoolique et une mère absente.
(attention, je ne dis pas que toutes les familles hétéros sont horribles et je ne dis pas non plus que toutes les familles homos sont sainte : il y a de bons et de mauvais parents partout.)

Attention, le gros sujet qui fâche : La Gestation Pour Autrui (je vais pas me faire que des amis moi.)

Déjà je vais être claire : Je suis POUR la GPA.

Porter un enfant est quelque chose d'important etc et je ne le nie pas du tout. Être maman c'est quelque chose, on donne la vie !
Mais être papa aussi. enfin : être géniteur.
Il y a une différence et pour moi cette différence est importante.
Pourquoi un homme pourrait être le géniteur d'un enfant dont un autre homme sera le père et pas la femme ?
Pourquoi la femme ne pourrait pas être la génitrice d'un enfant dont une autre femme sera la mère, au même titre que le père ?

J'ai lu une personne qui disait que la GPA "va créer des orphelins"
Alors : non.
Non, parce que cet enfant est porté pour rejoindre ensuite une famille qui le veut mais qui ne peut pas l'avoir. Deux hommes ont le droit d'avoir des enfants. Un couple homosexuel doit pouvoir fonder sa famille.
De plus, une loi stipule que toute personne doit pouvoir avoir accès à sa filiation : un enfant né de GPA (ou même né sous X.) peut connaitre l'identité de sa génitrice. Et personne n'a dit qu'il ne devait surtout pas avoir de contact avec elle ! Pourquoi ces enfants ne pourraient pas vivre dans cette famille ayant besoin d'un recours à la GPA ET connaître/voir régulièrement leur génitrice s'il le veut et qu'elle le veut aussi ?
C'est sûr, c'est impossible pour une femme de faire comme si cet enfant n'avait aucun lien avec elle : elle l'a tout de même porté 9 mois et elle en a accouché (ce qui n'est pas rien.). Mais des femmes peuvent très bien accepter de porter un enfant pour d'autres. Accepter de prêter son corps. Ce n'est pas un crime. Ce n'est pas horrible. Ce n'est pas une déficience mentale.

Je vais vous parler un peu de moi : je ne veux pas d'enfant. Mais si un couple d'amis proches avait besoin d'une personne pour une GPA et que la GPA était légale, alors j'accepterais de réfléchir à l'idée de le porter pour eux. Parce que je n'en veux pas ne veut pas dire que je n'accepte pas de donner la vie. Pourquoi je ne pourrais pas utiliser cette merveilleuse condition qu'est la condition féminine pour aider des gens en ne faisant rien de plus que ce pour quoi mon corps est prévu alors que moi-même je n'en ai pas l'utilité ?

Après : ce n'est que mon avis. Je ne vous force pas à accepter la GPA tout comme je ne vous force pas à accepter l'homosexualité.

En fait, vous n'avez même pas besoin d'accepter.

Contentez vous de laisser en paix les gens qui veulent faire des choses qui ne vous regardent pas. Qui ne vous affectent pas. Et qui se foutent pas mal de votre acceptation.

Voila.

Je vais conclure tout ça sur quelques témoignages et vous invite à débattre en commentaire de tout ça (dans le respect des uns et des autres s'il vous plait, c'est pas un champs de bataille ici ♥)

LunaChuu : "Je suis bi et ma famille ne le sait pas (mis à part ma soeur), comme ma mère est assez homophobes (elle fait notamment quelques remarques) je ne me vois pas lui en parler, d'ailleurs j'en parle globalement très peu. J'accepte totalement ma sexualité mais je ne me vois pas en parler librement à ma famille."

Kupicar : "J’ai fait d’abord mon coming-out à la plupart de mes amis en même temps, en leur expliquant la pansexualité (et en disant que, non, être bi c’est pas pareil) et tous l’ont bien pris sauf une qui m’a dit que j’étais juste une homo qui s’assume pas, mais elle m’a rapidement laissé.
Pour mes parents, ils s’en moquaient royalement, je sais que mon père n’est pas vraiment d’accord avec les gens LGBT, mais il accepte parce que ça le regarde pas, et ils m’ont dit qu’ils s’en doutaient.
Quand je me suis mise en couple avec ma copine, tout le monde est venu nous dire que c’était super courageux et qu’on était trop mignonnes, même si certains étaient un peu hypocrites et parlaient dans notre dos après.
Les premiers jours, on venait nous voir pour nous demander si c’était vrai, et j’ai eu droit à quelques remarques très fines sur notre sexualité(pourtant inexistante), mais en même temps, c’est des collégiens.
Les quelques personnes qui n’acceptent pas et m’insultent quand je passe à côté se font engueulé par les autres(et un s’est fait cassé le nez), même si ce sont des gens « populaires ».
Les professeurs qui nous voient on toujours un petit sourire attendri, donc ça passe.
Et puis du coup je passe mon temps à répéter que je ne suis pas homo, et je fais ma propagande LGBT+, et j’ai provoqué plusieurs coming-out, en tout cas tout se passe bien."

Benjamin : "Personnellement, je suis pan (mais j'ai encore beaucoup de mal à différencier bi et pan) et j'ai toujours été transparent, parfaitement honnête avec ma famille... Cependant j'ai longtemps hésité à faire mon "coming-out" à mes parents.
Tout ceci était sans compter sur l'extrême intolérante de mon père... Radin, étroit d'esprit, d'une xénophobie ahurissante, il n'a jamais porté de parole haineuse envers la communauté LGBT+ mais il est facile de s'imaginer l'avis qu'il pourrait s'être forgé sur le sujet... Enfin il a quelques fois comparé un cousin homosexuel à une femme mais rien de plus.
Ayant été hétéro puis homo puis bi et enfin pan j'ai parfois avoué mon homosexualité à quelques potes du collège... enfin "avoué" est un bien grand mot car tous mes aveux s'étaient résumés à "Nan j'déconne !" car tous riaient et ne me croyaient en aucun point.
C'est au lycée (qui sonne pour moi comme "libération") que j'ai pu vivre (et je la vie encore aujourd'hui :-D) pleinement ma bisexualité car je me suis fait quelques ami(e)s qui l'acceptent parfaitement dont une qui partage mon orientation sexuelle ! Le mot de la fin sera que ma pansexualité ne me pose aucun problème et que le love pour tout le monde c'est cool ! Heureux d'avoir pu participer !"

Andy : "Pour être bref, j'ai 18 ans et j'ai "découvert" ma bisexualité/pansexualite vers août . Ma famille le sait pas, seulement une dizaine de personne le sait . Et je compte pas le dire à ma famille parce que je sais qu'il ne l'accepterons pas. Et la raison pour laquelle les gens le savent, c'est parce que eux aussi sont bi /homos/pan... j'ai peur de l'avouer aux gens. J'ai peur de la réaction des gens, je suis déjà très peu social, et bizarrement j'ai le don de m'entourer de gens peu tolérant face à la sexualité autre que hétéro , faire mon coming out reviendrais à un suicide social."

Otophobic : " Je suis bisexuel et agenre, je tiens énormément à mes parents... seulement ma mère est transphobe et homophobe. Heureusement je ne leurs ai jamais parlé de ça ni de quoi que ce soit d'autre, je me suis rendu compte de ma bisexualité à l'âge de 11 ans lorsque je suis tombé 'in love' d'une fille... malheureusement ma mère m'a toujours appris à aimer les garçons... à cause de ça j'ai commencé à m'auto-detester... ça a été vraiment horrible, je me suis renfermée sur moi-même et j'ai commencé quelque chose que j'allais profondément regretter : la mutilation. A cette époque j'étais très renfermé sur moi-même, je n'avais pas d'amis, ceux que j'avais n'aidaient absolument pas et la personne que j'aimais ne m'aimait pas. J'ai continué à me détester et à perdre du poids, je faisais 56kg et j'ai chuté à 45 en 2 mois.
Puis j'ai commencé à en parler à des personnes sur Instagram et ces personnes m'ont sorties de mon 'detestage' en m'expliquant que je pouvais aimer qui je voulais et être la personne que je veux (keur sur eux). Les mois passèrent et je me rendais compte que quelque chose n'allait toujours pas... Un truc qui me rendais en mal-être. J'ai commencé à me renseigner : je savais que je n'étais pas une fille, mais pas un garçon non plus. Je me suis rendu à l'évidence : j'étais agenre ou non-binaire. Puis je pensais à ma mère qui allait surement me détester et me faire vivre un calvaire quotidien. J'ai commencé à écrire plusieurs lettres pour leur expliquer ce que j'explique là, tout ça. Un jour (il y a deux semaines.) j'ai mal rangé une lettre et ma mère l'a trouvée et lue. Je m'en suis rendue le midi. Cet après-midi là elle ne m'a pas parlé une fois. Je savais pourquoi m'enfin...
Mes amis m'ont demandé si je voulais sortir et je leur bien sur dit oui, je devais me changer les idées... Le soir je suis rentrée et elle m'a fait signe de venir. Je me suis assise et elle m'a expliqué... que même si elle allait avoir du mal à l'accepter, elle m'aimerait toujours car je suis et resterais toujours sa fille."

Longue et belle vie tout le monde ♥

1 commentaire:

  1. Je suis globalement d'accord avec toi mais pour la GPA... Faut d'avoir que ces femmes sont, pour la plupart, payées et certaines font ça pour nourrir les enfants qu'elles ont déjà. Je suis pour ma part fermement opposée à la marchandisation des corps, la GPA c'est louer des ventres ni plus ni moins. Et les homosexuels n'ont pas besoin de créer de nouveaux êtres alors qu'il y a des centaines d'enfants abandonnés, orphelins. Ils peuvent adopter, cela sauvera un enfant de l'orphelinat et c'est beaucoup plus altruiste. Moi quand j'adopte un animal (mon chat, mon chien et mon perroquet) je l'adopte soit à la SPA ou je le sauve de l'abandon et je ne l'achète pas à l'animalerie ou il a été en quelque sorte élevé pour être vendu. Je ne suis peut-être pas claire mais si tu veux débattre ou me corriger sur certains points tu peux m'envoyer un DM sur mon insta ^^

    RépondreSupprimer