vendredi 6 janvier 2017

Urbex : La Maison Fermée

Il y a une maison que j'ai toujours connue abandonnée. Des problèmes d'héritage entre les enfants des propriétaires avaient mis la vie de cette belle longère typiquement Normande en pause depuis 10 ans déjà.

J'avais déjà essayé d'y faire un tour, mais elle était couverte de végétation ! Je n'avais accès à aucune porte ou même aucune fenêtre et j'avais laissé tomber l'idée de la visiter depuis longtemps.

Mais il y a peu de temps, j'ai appris quelque chose qui changeait tout : la maison avait brulé.
C'était, dans le malheur de perdre ce beau bâtiment, une occasion inespérée. Peut-être que l’incendie avait ouvert un accès ? Peut-être que les pompiers avaient dû enfoncer la porte close pour éteindre les flammes ? Peut-être qu'il restait de belles choses à prendre en photo ?

Au lendemain du nouvel an j'ai enfilé mon bonnet, mis des gants, pris mon portable, 3 amis qui étaient chez moi et hop ! Tout le monde de sortie !

Nous nous sommes rendus à La Maison Fermée en nous demandant ce que nous y trouverions. Peut-être que l'incendie avait tout emporté après tout... Où peut-être qu'il y aurait du monde, pas forcément pleins de bonnes intentions ? Des pilleurs ou des squatteurs ?
Et peut-être qu'on allait se faire pincer par les voisins ou la police ?

L'endroit avait l'air calme bien que passablement exposé.



La maison n'était plus du tout couverte de végétation et la porte qui me barrait le passage n'était plus là. (le toit non plus d'ailleurs.)





Nous avons vérifié la stabilité du bâtiment et écouté un peu les bruits de la maison avant de nous aventurer à l'intérieur, préférant éviter de finir sous un mur fragilisé par le feu et le gèle.
L'endroit semblait plutôt sécurisé, nous sommes entrés, moi en tête du petit groupe.

Une fois à l'intérieur, le silence de la nature gelée était plus apaisant qu'inquiétant. Notre visite prévoyait d'être tranquille finalement.
La pièce dans laquelle nous sommes entrés étant déserte, j'ai directement changé de lieu, remarquant que la porte à ma gauche semblait réserver plus de surprises.

J'entrais dans ce qui me paraissait être une salle à manger et constatai aussitôt que cette pièce avait été largement préservée des ravages des flammes
Sur la cheminée, des bougeoirs m'ont fascinée, les bougies qu'ils portaient n'étaient pas fondues : elles s'étaient tordues avec la chaleur ! Le spectacle était plaisant à observer


Une vieille horloge se trouvait entre les deux chandeliers



À côté de la cheminée qui portait les chandeliers et l'horloge se trouvait une armoire dont une seule porte s'ouvrait, mais c'était largement suffisant pour découvrir ce qu'elle gardait précieusement à l'abri.

Des manteaux, des vestes et beaucoup de fouillis au fond



Face à l'armoire, une armée de chaise attendait sagement de retrouver une utilité




Au plafond, un lustre pendait en assez mauvais état, tenaillé par le gèle donnant un plutôt bel effet au tout



Un vélo se trouvait dans une position relativement inconfortable et pas vraiment efficace, bien que je me demande comment il a pu arriver là, c'est le seul objet de la pièce entièrement brulé et dégradé par les flammes


Je crois que c'était un compteur électrique dans le coin de la pièce (Je ne sais pas trop, mais je crois que c'est ça.)


Une soupière à vaillamment résisté aux nombreuses épreuves et s'en sort en parfait état contrairement à tout ce qui l'entourait, peut-être un peu sale mais rien de méchant en somme.


En ressortant dans la pièce déserte de l'entrée, j'ai remarquée qu'elle n'était pas aussi vide qu'elle m'avait semblé l'être au premier abord.

Un petit meuble contenait des journaux (les anciens habitants du lieu les collectionnaient) dont celui le plus en haut datait de 2007, ce qui correspondait bien à ce que je savais déjà du lieu : 10 années d'abandon.



Trois décorations avaient elles-aussi survécu, accrochées à leur place

Une vieille bouillotte


Un genre de seringue géante (?)


Et une broderie (je crois) encadrée représentant un enfant avec un chiot dans les bras


Deux options s'offraient à droite : une grande pièce et une toute petite.
La plus petite l'était tellement que je ne m'y suis pas aventurée, je n'avais pas assez confiance pour entrer dedans et l'encombrement ne m'inspirait pas beaucoup. J'ai cependant pris quelques clichés.



La plus grande pièce était elle aussi plutôt vide, un peu comme le hall : une décoration accrochée au mur et un meuble contenant ce qui de loin semblait être des livres.

Je rendais justice au Jésus resté fièrement à sa place lorsque l'un de mes amis m’appelait pour que je vienne voir sa trouvaille


Le petit meuble ne contenait pas de simple livre mais des "journaux de bord" (peut-être pour lutter contre Alzheimer ?) où toutes les journées de la personne qui écrivait étaient consignées
"Le matin temps couvert, petites pluies ; soigné mes volailles, nettoyer les marmites et le rond ; semer un rang de radis et un de salade laitue paresseuse ; repiquer de la salade ; La factrice a manger à la maison"





Cette pièce donnait accès à une autre qui était une chambre très étroite où nous peinions à tenir à trois sans se marcher dessus.
J'ai reconnu un lit qui se camouflait en tas de gravas


Au sol à côté du lit se trouvait une télé qui m'a rappelé mon enfance, ça ne me semblait pas dater de si longtemps auparavant pourtant avant cette visite.


Et juste à côté de la télé : une armoire. Ouverte. Pleine de belles surprises !



Une édition malheureusement inutilisable de Don Quichotte De La Manche


Un enregistreur qui semble avoir oublié que nous avons changé d'époque, tout au fond de son rangement



Des photos de familles (que j'ai censurées)




Un chapeau plutôt cool


 Un poste de radio portable qui nous aura couté pas mal d'efforts à libérer, il était coincé contre le fond de l'armoire par des vêtement littéralement congelés et donc durs comme des planches



Mais l'objet que j'ai le plus aimé voir sortir de cette armoire fut la photo de Grand'Ma. Le genre de photo que l'on voit dans les films, ou quand on va chez son arrière-grand-mère. Je ne l'ai pas censurée car je doute que la personne qui apparait dessus puisse m'en vouloir de partager une aussi belle trouvaille


Sur un petit meuble impossible à ouvrir sa trouvait un miroir (qui ne reflétait plus grand chose)


Au pied du miroir, une lampe avait connu des jours meilleurs



L'interrupteur de cette chambre avait lui aussi un air de nostalgie. Quand un lieu est abandonné depuis quelques années, les modes changent autour de lui, mais lui reste magiquement hors du temps et c'est un plaisir à redécouvrir.


Les deux dernières pièces, bien que vastes, étaient entièrement vides et brulées. Seuls des cadavres de poutres porteuses calcinés gisaient au sol.

Notre curiosité nous invitait à visiter les sous-sols mais le froid, la fatigue et surtout l'état peu rassurant de la maison nous conseilla plutôt de rentrer chez nous.

Nous sommes alors parti après quelques derniers clichés extérieurs...





Je remercie mon amie Taronaru de m'avoir partagé ses photos.
Et les deux autres amis qui m'accompagnaient aussi ce jour là.
Cette visite à La Maison Fermée est la plus pleine de belles découvertes que j'ai faite et j'espère découvrir encore beaucoup de nouvelles choses, dans beaucoup de nouveaux endroits.

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