mercredi 20 septembre 2017

Creusons Cinéma : "It" (ou "Ça")

Joyeux Halloween ! (C'est pas ma faute s'ils auraient dû le sortir un mois plus tard.)

Bref. On est là pour parler de Clowns. Enfin, de Pennywise (je ne l'appellerais pas Grippe-sou par pure préférence personnelle pour l'anglophone, navré) et de son film pour être exacte. Le p'tit nouveau. Le 2017.

J'ai pas mal de choses à en dire alors je propose de commencer par vous récapituler pêle-mêle ce dont je vais parler dans la zone de spoil :
Pennywise, son personnage, comparaison avec celui de 90; les effets spéciaux; la musique; le sang; les adultes; les sales gosses de l'école; le groupe des ratés; les screamers; les libertés prises par rapport au film de 90; et possiblement pleins d'autres choses

N'ayant pas fini de lire le livre (oui, bon, hein. Le meilleur pour la fin sinon on est déçu il parait.) je n'aurais pour référence principale que le téléfilm de 1990.

Cette zone est sans risque de spoil

Désolé par avance à ceux venus lire une critique sans spoil : je vais avoir du mal à en dire long.
J'ai malheureusement été déçu par l'abus sur la musique et sur les effets spéciaux qui gâchaient un peu le film qui, à force de trop vouloir en faire, a fini par presque tourner au ridicule. Le spectaculaire pourquoi pas, mais la surexploitation rend le tout "trop". Trop de musiques, trop d'effets spéciaux, trop d'insistance sur l'effroi.
Cependant, malgré ses défauts ce film à ses bon points : le traitement de la lumière est à mon sens magnifique, les costumes sont beaux et la ville à un super rendu.
Désolé, mais j'ai beaucoup trop de choses à dire, beaucoup trop besoin d'approfondir tout ça pour ne pas spoiler (RDV beaucoup plus bas pour la sortie de la zone de spoil intensif)
 
Vous entrez dans une zone de spoil intensif

 Même si elle est plutôt adaptée (disons que je ne l'ai pas surprise à être aux fraises à être rythmée sur un moment calme...) la musique est omniprésente. Et ce n'est pas nécessairement un compliment.
Le film n'a aucun moment de calme, les sons naturels sont camouflés et les ressentis sont donc étouffés.  C'est dommage.

Je prends l'exemple de la toute première scène : Georgie descend à la cave chercher de la paraffine. Pour se rassurer, il prend le talkie-walkie dont son grand frère a le jumeau (devinez ce qui va se déclencher de façon totalement inattendue ..?). Pas de problème, c'est un enfant, il a peur : normal ! MAIS problème majeur : la musique en fait des caisses pour rien, un simple silence avec la respiration saccadée de Georgie effrayé aurait suffi à être oppressante, mais pas tout ce tintamarre musicale se terminant sur...
Bah sur rien, fait juste monter la pression pour au final ne même pas avoir le screamer escompté. Faire monter la musique comme ils l'ont fait est supposé se finir par l'apparition du monstre avec un arrêt brutal de la musique, pas se finir sur "ah bah en fait c'était deux objets qui brillaient, pas de problème, j'ai eu peur pour rien parce que je suis un enfant."
Georgie PEUT avoir peur, cette scène aurait pu être bien, franchement, ce n'est pas le fait qu'il ait eu peur pour rien le problème, mais bien le fait que la musique, qui nous concerne nous les spectateurs, nous ai indiqué qu'il allait se passer un truc pour au final floper en nous laissant sur un "rien du tout".

C'est l'un des plus gros points négatifs à mon avis : ils en font trop. Tout est surexploité, on nous en met encore et encore plus, on en fait des tonnes. C'était trop, toujours trop. Inutilement trop. Des jets de sangs à outrance, des cadavres en veux-tu, en voilà et cette musique qui en rajoute des tonnes ! Les enfants qui se font mordre, taillader, griffer, briser un bras, vomir dessus par un monstre. Wow, calmez-vous les metteurs en scène, vous aviez trop de budget ou quoi ? Moins aurait été mieux parce que plus raisonnable et moins surfait.

Exemple de la scène de la salle de bain de Beverly : Dans le film de 1990, de mémoire, Pennywise fait sortir un ballon par l'évacuation du lavabo de Beverly, le ballon éclate, il y a du sang un peu partout. C'est stylé et c'est suffisant. Dans ce nouveau "Ça", le sang gicle avec abondance du lavabo au point de recouvrir la totalité de la pièce. La. Totalité. De. La. Pièce. Je comprends ce choix mais pour moi c'est encore du sur-jeu. Pourquoi ne pas simplement avoir refait le coup du ballon ? Plusieurs même si vous voulez, pour faire plus de sang mais pas faire vomir un évier comme ça à en couvrir l’intégralité d'une pièce; en plus ça casse le lien des ballons rouges présents presque à chaque fois.

C'est comme ça pour tout, tout est sur joué, l'effroi est donné en spectacle au point qu'il en devient plus lassant par sa surabondance qu'autre chose.

Cependant, certains effets spéciaux et maquillages étaient vraiment appréciables. Le design de Pennywise est superbe (bon, je reviendrais sur les points négatifs de son aspect plus tard), le motif sur son visage est très beau, sa tenue est chouette, l'effet globale est vraiment esthétique.
Il en va de même pour le passage où les cadavres sont en apesanteur autour d'une colonne faite des trophées de Pennywise : l'effet est vraiment beau !
Le passage où il "tue un peu mais pas trop" Beverly en ouvrant sa mâchoire est spectaculaire et vraiment bien réalisé.
Les différentes transformations de Pennywise quand les enfants sont tous contre lui dans sa tanière sont superbes et bien maitrisées.

 D'ailleurs, en parlant des effets spéciaux, ma scène préférée du nouveau film est celle où Pennywise danse sur sa scène avec un genre d'enfer en fond pendant que Beverly cherche comment fuir sa tanière. Les effets sont magnifiques et j'ai vraiment apprécié le moment : Le clown y est machiavélique, effrayant à juste titre et son maquillage prend un effet grandiose.

Pour continuer avec Pennywise (mon personnage préféré des deux films ? Mais pas du tout, qu'allez-vous inventer là voyons..... Oui.) malheureusement son maquillage joue aussi en sa défaveur. Il a beau être magnifique, réalisé avec talent, servir son côté machiavélique et souligner le fait que c'est le méchant du film (quoi que... j'y reviendrai aussi.) bah on le sait déjà tout ça en fait. C'était inutile d'en faire, une fois de plus, des tonnes. Pennywise est sensé avoir l'air un minimum gentil, son apparence devrait pouvoir inciter un enfant à l'approcher mais sur ce nouveau maquillage c'est presque marqué sur son front qu'il va te tuer et se repaître de ton cadavre goulument.

Je regrette un peu que les scènes de vie dans l'enceinte de l'école soient presque absentes, il y en a vite fait une ou deux mais c'est à chaque fois pour introduire un personnage. En réalité, ce qui me manque surtout c'est la scène où l'un des enfants est obligé de retourner aux vestiaires pour prendre une douche après la gym et que Pennywise sort par l'évacuation d'eau qu'il agrandit comme dans un cartoon. C'est ma scène préférée du film de 90 où Pennywise me fait vraiment rire.
Ce qui le différencie complètement de son jumeau de 2017 d'ailleurs : le premier s'amuse à traquer ses proies, à les effrayer, à les narguer pour nourrir leur peur alors que le second se contente de tenter des techniques, certes intéressantes car jouant sur la psychologie des personnages, se servant de leurs peurs ou de leurs espoirs pour tenter de les attraper mais il échoue.
Là est l'une des différences notable entre nos deux tueurs : celui de 90 est taquin, narquois, il chasse et joue à chasser.
Celui de 2017 tente de tuer sans autre détour qu'un appât pour faire approcher les enfants mais échoue. Il ne joue pas, ne traque pas, ne s'amuse pas tant à leur faire peur, il ne veut que les attirer pour les tuer. Et il échoue.

Puisqu'on en est à parler de gens effrayants, est-ce qu'on peut parler deux minutes des parents ???
Ben : où est ta famille ? Si j'ai pas lu le livre ou vu le film de 1990 je sais rien de toi.
Mike : désolé pour ta famille, par contre ceux qui t'ont recueillis sont un peu trop dans l'idée qu'il existe soit le bien, soit le mal, pas d'entre deux mais promis : t'es pas obligé de le tuer ce mouton.
D'ailleurs point positif : on en apprend bien plus sur Mike dans ce film que dans celui de 90
Eddie (à moins que ça ne soit Stan, je ne sais plus): Ta mère est un problème, tu es gavé de placébos et surprotégé comme pas permis
Beverly : Son père ???? Hyper malsain, possessif, agressif, il serait incestueux que ça ne m’étonnerait même pas (je préfère penser que non, même si c'est pas mal sous-entendu je trouve)

Beverly d'ailleurs : pourquoi en avoir fait une demoiselle en détresse à sauver ? Ils avaient déjà une bonne excuse pour descendre dans la tanière du clown (même si ça a permis de donner lieu à la scène de danse que j'aime profondément, ne cherchez pas ma logique je l'ai laissée dans la salle de cinéma)
Je ne sais pas encore si c'est le cas dans le livre (ça m'étonnerais un peu de King mais pourquoi pas) mais c'est beaucoup trop cliché pour laisser passer ça

Le groupe des 7 enfants s'équilibre plutôt bien, chacun apporte ses forces et ses faiblesses, de mémoire ils sont autant que dans le film de 90 et ça me va, chacun est exploité, chacun à sa place et c'est une bonne chose

Les adultes en général dans ce film sont presque plus flippants que Pennywise, c'est absolument dingue à quel point ils sont tous malsains (et pourtant plutôt réalistes, c'est l'un des meilleurs point du film même s'il met très mal à l'aise).

Les "sales gosses",  les terreurs de l'école là. Déjà on a la fille random, dont je n'ai pas retenu le prénom s'il a été donné, qui s'en prend à Beverly : elle sert à nous faire comprendre la réputation qu'elle se traine et qui n'est visiblement pas brillante. On se doute que Beverly va se joindre au groupe très vite car elle est, elle aussi, rejetée des autres et persécutée.
Et puis on a le groupe de garçons. Enfin, surtout Henry Bowers. La racaille typique de l'école, du genre à te persécuter juste parce qu'il ne t'aime pas et si tu te demandes pourquoi il ne t'aime pas, c'est que c'est comme ça et c'est tout. Son niveau de violence physique a beaucoup évolué entre les deux films, ça m'a un peu choqué.
En 90, il menaçait Ben de lui entailler le ventre avec son couteau.
Aujourd'hui, il lui a entaillé le ventre avec son couteau.
En plus des divers autres coups et humiliations c'est surtout cette scène qui a retenu mon attention, parce que c'est quelque chose que je ne m'attendais pas à voir, j'avais été soulagé qu'Henry ait été stoppé à temps dans le premier film alors que sa soif de cruauté et de violence dans le second est beaucoup plus poussée, il va jusqu'à commettre un meurtre (sous l'influence de Pennywise) que je ne me souviens pas l'avoir vu commettre dans le téléfilm de 90 (en tout cas s'il l'a fait, ça ne m'a tellement pas choqué que je ne m'en souvient plus)
J'en profite d'ailleurs pour remarquer que Pennywise garde les enfants "gentils, mignons et innocents" pour son gouter alors qu'il incite Henry à devenir plus cruel et à s'enfoncer dans son rôle de méchant en l'incitant au meurtre.

Des libertés ont été prises par rapport au téléfilm de 90 et par rapport au livre, ce qui n'est pas pour autant un mal : au final j'ai apprécié le visionnage malgré tout. Je sais que j'ai soulevé plus de points négatifs qu'autre chose mais Si je devais partir dans les points positifs cette critique n'en finirait pas ! Les lumières sont sublimes, les décors sont travaillés et soignés, même les simples ruelles comme celle où Ben attend d'être soigné, les costumes sont appropriés pour tous les personnages, l'intrigue dans son semble est respectée, le clown est beau même si son maquillage n'est pas vraiment approprié, les enfants sont attachants et connaissent une évolution intéressante, et Derry !
Derry est magnifique dans sa globalité, ses maisons typées, la fête, les rues, le pont, même les égouts labyrinthiques sont travaillés, surtout au niveau des lumières.

Vous sortez de la zone de spoil intensif


Je pense en avoir fini avec le film, je conclurai donc la partie purement critique en disant que ce film n'est pas un chef-d’œuvre mais ce n'est pas non plus un navet. C'est une adaptation correcte qui possède ses défauts et ses qualités, un film que j'apprécie, dont j'attends la deuxième partie et que je recommande. Même si j'ai une douce nostalgie pour le téléfilm de 90. (Comment ça "j'avais remarqué" ???)


 J'aimerai cependant prendre encore quelques lignes pour parler de divers sujets qui ont surtout rapport avec le cinéma que je fréquente et avec cette séance en particulier

 Déjà, le film est déconseillé au moins de 12 ans. Ce n'est pas pour rien. Des enfants ayant un ou deux ans de plus que l'âge conseillé ont tenté le coup et se sont installés dans les rangs pour regarder le film.
Bon déjà les gosses qui chahutent dans les cinémas ça me gonfle particulièrement, respecter les autres spectateurs c'est pas du luxe, surtout à 11€ la place mais en plus ça c'est mal fini : une fille du groupe à fuit la salle en pleurant et est revenue un peu plus tard. Une autre a été évacuée par un agent de la sécurité parce qu'elle était en pleine crise de panique et que ses petits camarades ne savaient pas comment gérer ça.
Sans parler des diverses autres personnes qui criaient au moindre petit truc à l'écran...
Personnellement : j'ai actuellement 20 ans. Je sais que je suis sensible aux films d'horreur et à tout ce qui relève des screamers. Je le sais. Alors je me suis pointé, calme et fier comme un coq, ma canette de Dr Pepper dans une main et ma peluche dans l'autre. Oui. Ma peluche. Certains jeunes ont bien rigolé en me voyant installé avec ma peluche. Mais en attendant : je n'ai pas fait le moindre bruit. Je n'ai pas crié chaque fois que Pennywise apparaissait à l'écran. Je n'ai pas quitté la salle 3 fois pour aller pleurer ou retrouver mon calme. Alors certes, j'avais peut être l'air un peu gamin, mais au moins mes voisins n'ont eu à se plaindre d'aucune gêne auditive de ma part (et en plus elle est super douce ma peluche. Prenez une peluche.)

Ensuite : l'état de la salle de cinéma quand je me suis levé pour partir.
Je n'en croyais absolument pas mes yeux. Comme à mon habitude j'ai attendu que tout le monde évacue la salle pour me lever tranquillement, m'étirer et partir à mon aise (j'aime le confort, que voulez-vous). Bon, tout le monde est partit, je me lève, je récupère ma canette de Dr Pepper vide dans le support de canettes, je mets mon sac sur une épaule et je descends.
Les rangs...
Une véritable apocalypse. J'avais honte de partir d'une salle que les spectateurs avaient mise dans un tel état. Des boites de pop-corn format maxi renversées, aussi bien au sol que sur les sièges, des canettes abandonnées, des mouchoirs... Comment une personne peut partir l'esprit tranquille en laissant sa place dans un état pareil ? À quel moment une personne peut trouver ça normal de laisser ça comme ça ?

Enfin, pour finir sur un point un peu plus cool, pendant tout le film un vigile était chargé de vérifier que personne ne filmait l'écran et il en profitait pour aller voir le plus discrètement possible toute personne utilisant son portable pendant la séance, ce qui était une véritable délivrance (d'habitude ça ne rate pas : chaque fois que je vais au cinéma il y a toujours des gens pour utiliser leurs téléphones et donc faire une lumière désagréable dans la salle).
D'un sens, la présence de cet homme qui sillonnait discrètement les rangs m'a permis de passer une agréable séance malgré les cris intempestifs.



À bientôt et n'oubliez pas : ils flottent !

P.S : je précise tout de même que je n'ai rien d'un spécialiste en cinéma et que cet avis n'est que le miens, à savoir celui d'une personne ayant apprécié le film de 1990 (si, si.) et aimant les écrits de Stephen King.

samedi 15 avril 2017

Urbex : Les ruines de Guerre



C’est une visite plutôt particulière que j’ai engagée ce jeudi ensoleillé. Cours de Statistiques le matin, envie de prendre l’air… Direction mon ancien Lycée en bord de mer pour voir un peu ce que c’est devenu en 1 an et revoir quelques anciens profs !

Mais cette plage, elle n’a pas vécu un débarquement au fait… ?

Mais si ! Les bunkers qu’on nous interdisait d’approcher ! (D'ailleurs on appelait ça les Blockhaus nous...)

Je ne suis pas très en confiance, je sais que les falaises sont fragiles mais je reste prudent, je sais à quoi je m’attaque. Je connais bien l’endroit, on s’y glissait… il y a 4 ans. Oui, bon ça a probablement un peu changé en 4 ans.

Je me dirige vers un endroit où je sais pouvoir garer ma voiture sans attirer l’attention et marche un peu jusqu’à la barrière que je dois escalader pour atteindre mon but.

Escalader ? Ah, non. Elle a été vandalisée depuis, je n’ai qu’à enjamber ce qu’il en reste. Mais avant ça un panneau que je connais très bien m’annonce la couleur : Ce que je fais est illégal, dangereux et je ne pourrais pas dire que je n’ai pas été prévenu (même si de petits malins ont ajouté leur touche personnelle à l’indication)


Je longe un premier bunker inaccessible, je sais où je vais et je sais plus ou moins ce que je vais y trouver. Je remarque que Batman propose des FREE HUGS, ça me rappel un peu les conventions, je souris en repensant aux bons souvenirs en continuant d’avancer. J’essaie de ne pas trop stresser, j’ignore dans quel état est la falaise et j’ai un peu peur de me trouver face au gouffre.


Je suis content de voir que mon Bunker est toujours debout. Il est bien là et la falaise à l’air en forme !


Je grimpe par un petit chemin qu’il faut gravir en courant, sans un peu d’allure il est presque impossible d’y arriver mais ça se fait plutôt facilement. Mes souvenirs du lieu sont assez vagues mais se rafraichissent très vite. Il est plutôt beau ce carré de verdure entouré de béton en fait.


Le sol me propose soit un bisou, soit une orientation politique mais ce qui me fascine surtout c’est la proximité de la falaise. Il y avait plusieurs mètres d’herbe avant mais il semblerait que la mer ait emporté une partie du sol… Mieux vaut ne pas trop trainer.


En regardant sur ma droite je prends un instant pour immortaliser le paysage qui est quand même très beau. Un peu de vent frais, un beau soleil : que demander de plus !


Je descendant dans le carré de verdure, c’est le chemin à suivre pour trouver cette entrée que je n’ai jamais osé approcher avant aujourd’hui. Je ne suis pas claustrophobe, mais la proximité des remparts de béton ne me rassure pas. J’ai étonnamment peur de me trouver en mauvaise compagnie (Ce lieu était connu pour abriter diverses activités aussi bien de petites fêtes improvisées que des échanges de drogues ou des échanges plus… charnels. C’est qu’on est tranquilles dans des bunkers à l’accès interdit.)


Un tag me fait penser à toutes ces personnes qui portent un tee shirt sans savoir d’où vient le logo… Ce n’est pas exactement le dessin mais le rapprochement peut être fait !


Je prends un instant, encore. C’est étrange cette sensation, je ne suis pas à l’aise. J’avoue que j’avais peur. C’est chargé d’histoire un Bunker. Et le lieu n’est pas fréquentable. Aller, je respire. Je suis seul. Une amie sait où je suis. Ça va bien se passer. L’entrée est juste là.


Enfin, je CROIS qu’elle est là. En fait non, c’est une espèce de toute petite pièce, peut-être une ancienne réserve, j’ignore complètement à quoi pouvait servir un endroit si petit… Mais il sert en tout cas maintenant de déchèterie.


Un puis de lumière me fait lever les yeux parmi le lierre. Je fais demi-tour et grimpe pour le prendre en photo du dessus, je n’avais pas fait attention à ce trou, heureusement que je n’ai pas essayé de marcher à cet endroit, j’aurais eu une drôle de surprise. (Je l’aurais probablement vu au dernier moment mais inquiet comme j’étais je guettais surtout l’éventuelle présence d’une autre personne).


Ce n’est pas l’entrée que je cherchais en tout cas… J’ai pourtant bien entendu dire qu’on pouvait ENTRER dans ce bunker, il doit y avoir un autre chemin.
Je continu mon chemin. Je n’ai qu’un ou deux pas de plus à faire pour comprendre : un chemin sauvage a été formé par les passages jusqu’à la porte du Bunker en contrebas ! Pas très sécurisé ce chemin d’ailleurs…


Je pèse le pour et le contre. « Sois prudent », « ne prend pas de risques inutiles », « fais attention à toi », « parfois il faut accepter de ne pas prendre un risque même si on aurait pu faire de supers photos ! » de sages paroles d’une sage personne. Je suis fragile, je le sais, je peux me blesser en ne faisant presque rien. Je ne suis déjà pas en confiance depuis que je suis arrivé… Je ne prendrais pas ce risque. Tiens ? J’entrevois la porte entre les branchages.


Je ne reviens cependant pas sur ma décision : c’est trop dangereux pour moi, je suis seul. Je rebrousse chemin mais j’ai une idée en tête pour ne pas repartir les mains trop vides.
Je descends à la base du Bunker où je sais se trouver ce que j’appellerais des meurtrières (vous savez, les toutes petites fenêtres qui servaient à tirer pour protéger les châteaux.). Je sais qu’elles sont là, j’en ai vu sur les autres Bunkers devant lesquels je suis passé.


Et en effet, elles sont bien là mes meurtrières ! Je me penche, me met à genoux et au final m’allonge complétement pour prendre des photos. L’herbe me chatouille le visage et je suis fasciné par l’intérieur. Une porte semble mener à un couloir ou peut-être une autre pièce mais pas directement dehors, un trou en bas du graph ne laisse pas filtrer de lumière, pareil pour la porte : c’est sombre.


Visiblement le tout commence à faiblir, une poutre de renfort maintien de plafond. Cette partie du patrimoine risque de s’effondrer dans quelques années, à moins que les falaises ne cèdent avant…


Je regarde à côté de moi et suis pris de vertiges. D’accord. J’ai compris le message : la falaise est vraiment proche et je ferais mieux de ne pas glisser.
Voici ce que j’avais devant moi :


Voici la limite de la falaise avant un gouffre droite de plusieurs mètres jusque sur la plage à marée basse et la mer à marée haute.


Et voici ce que j’avais à côté de moi :


Ainsi que sa limite :


Je rebrousse tranquillement chemin. Peut-être que je reviendrais accompagné pour visiter l’intérieur ? Pas sûr. J’ignore si ce possible couloir ou cette possible deuxième pièce peut valoir le coup de se risquer là-bas. Et d’éventuellement faire une mauvaise rencontre car même si j’ai été tranquille ce jour-là, je ne le serais peut-être pas une prochaine fois. Et l’effondrement des falaises n’est pas à prendre à la légère, ce n’est pas rare sur ces côtes, c’est même de plus en plus fréquent…

De retour à ma voiture je jette un œil à un autre Bunker sur lequel j’avais l’habitude d’aller m’assoir pour regarder la mer avec une amie. Je ne sais plus qui d’ailleurs, c’est fou. Ça ne fait pourtant que 4 ans mais il s’est passé tellement de choses depuis.

Les Bunker aussi ont dû oublier. Un jeune couple est tranquillement installé, c’est assez simple de grimper sur le toit de béton quand on est un peu agile.


Finalement, le passé, le plus ancien comme le plus récent,  s’efface pour laisser place au présent. À la suite.

À bientôt

vendredi 6 janvier 2017

Urbex : La Maison Fermée

Il y a une maison que j'ai toujours connue abandonnée. Des problèmes d'héritage entre les enfants des propriétaires avaient mis la vie de cette belle longère typiquement Normande en pause depuis 10 ans déjà.

J'avais déjà essayé d'y faire un tour, mais elle était couverte de végétation ! Je n'avais accès à aucune porte ou même aucune fenêtre et j'avais laissé tomber l'idée de la visiter depuis longtemps.

Mais il y a peu de temps, j'ai appris quelque chose qui changeait tout : la maison avait brulé.
C'était, dans le malheur de perdre ce beau bâtiment, une occasion inespérée. Peut-être que l’incendie avait ouvert un accès ? Peut-être que les pompiers avaient dû enfoncer la porte close pour éteindre les flammes ? Peut-être qu'il restait de belles choses à prendre en photo ?

Au lendemain du nouvel an j'ai enfilé mon bonnet, mis des gants, pris mon portable, 3 amis qui étaient chez moi et hop ! Tout le monde de sortie !

Nous nous sommes rendus à La Maison Fermée en nous demandant ce que nous y trouverions. Peut-être que l'incendie avait tout emporté après tout... Où peut-être qu'il y aurait du monde, pas forcément pleins de bonnes intentions ? Des pilleurs ou des squatteurs ?
Et peut-être qu'on allait se faire pincer par les voisins ou la police ?

L'endroit avait l'air calme bien que passablement exposé.



La maison n'était plus du tout couverte de végétation et la porte qui me barrait le passage n'était plus là. (le toit non plus d'ailleurs.)





Nous avons vérifié la stabilité du bâtiment et écouté un peu les bruits de la maison avant de nous aventurer à l'intérieur, préférant éviter de finir sous un mur fragilisé par le feu et le gèle.
L'endroit semblait plutôt sécurisé, nous sommes entrés, moi en tête du petit groupe.

Une fois à l'intérieur, le silence de la nature gelée était plus apaisant qu'inquiétant. Notre visite prévoyait d'être tranquille finalement.
La pièce dans laquelle nous sommes entrés étant déserte, j'ai directement changé de lieu, remarquant que la porte à ma gauche semblait réserver plus de surprises.

J'entrais dans ce qui me paraissait être une salle à manger et constatai aussitôt que cette pièce avait été largement préservée des ravages des flammes
Sur la cheminée, des bougeoirs m'ont fascinée, les bougies qu'ils portaient n'étaient pas fondues : elles s'étaient tordues avec la chaleur ! Le spectacle était plaisant à observer


Une vieille horloge se trouvait entre les deux chandeliers



À côté de la cheminée qui portait les chandeliers et l'horloge se trouvait une armoire dont une seule porte s'ouvrait, mais c'était largement suffisant pour découvrir ce qu'elle gardait précieusement à l'abri.

Des manteaux, des vestes et beaucoup de fouillis au fond



Face à l'armoire, une armée de chaise attendait sagement de retrouver une utilité




Au plafond, un lustre pendait en assez mauvais état, tenaillé par le gèle donnant un plutôt bel effet au tout



Un vélo se trouvait dans une position relativement inconfortable et pas vraiment efficace, bien que je me demande comment il a pu arriver là, c'est le seul objet de la pièce entièrement brulé et dégradé par les flammes


Je crois que c'était un compteur électrique dans le coin de la pièce (Je ne sais pas trop, mais je crois que c'est ça.)


Une soupière à vaillamment résisté aux nombreuses épreuves et s'en sort en parfait état contrairement à tout ce qui l'entourait, peut-être un peu sale mais rien de méchant en somme.


En ressortant dans la pièce déserte de l'entrée, j'ai remarquée qu'elle n'était pas aussi vide qu'elle m'avait semblé l'être au premier abord.

Un petit meuble contenait des journaux (les anciens habitants du lieu les collectionnaient) dont celui le plus en haut datait de 2007, ce qui correspondait bien à ce que je savais déjà du lieu : 10 années d'abandon.



Trois décorations avaient elles-aussi survécu, accrochées à leur place

Une vieille bouillotte


Un genre de seringue géante (?)


Et une broderie (je crois) encadrée représentant un enfant avec un chiot dans les bras


Deux options s'offraient à droite : une grande pièce et une toute petite.
La plus petite l'était tellement que je ne m'y suis pas aventurée, je n'avais pas assez confiance pour entrer dedans et l'encombrement ne m'inspirait pas beaucoup. J'ai cependant pris quelques clichés.



La plus grande pièce était elle aussi plutôt vide, un peu comme le hall : une décoration accrochée au mur et un meuble contenant ce qui de loin semblait être des livres.

Je rendais justice au Jésus resté fièrement à sa place lorsque l'un de mes amis m’appelait pour que je vienne voir sa trouvaille


Le petit meuble ne contenait pas de simple livre mais des "journaux de bord" (peut-être pour lutter contre Alzheimer ?) où toutes les journées de la personne qui écrivait étaient consignées
"Le matin temps couvert, petites pluies ; soigné mes volailles, nettoyer les marmites et le rond ; semer un rang de radis et un de salade laitue paresseuse ; repiquer de la salade ; La factrice a manger à la maison"





Cette pièce donnait accès à une autre qui était une chambre très étroite où nous peinions à tenir à trois sans se marcher dessus.
J'ai reconnu un lit qui se camouflait en tas de gravas


Au sol à côté du lit se trouvait une télé qui m'a rappelé mon enfance, ça ne me semblait pas dater de si longtemps auparavant pourtant avant cette visite.


Et juste à côté de la télé : une armoire. Ouverte. Pleine de belles surprises !



Une édition malheureusement inutilisable de Don Quichotte De La Manche


Un enregistreur qui semble avoir oublié que nous avons changé d'époque, tout au fond de son rangement



Des photos de familles (que j'ai censurées)




Un chapeau plutôt cool


 Un poste de radio portable qui nous aura couté pas mal d'efforts à libérer, il était coincé contre le fond de l'armoire par des vêtement littéralement congelés et donc durs comme des planches



Mais l'objet que j'ai le plus aimé voir sortir de cette armoire fut la photo de Grand'Ma. Le genre de photo que l'on voit dans les films, ou quand on va chez son arrière-grand-mère. Je ne l'ai pas censurée car je doute que la personne qui apparait dessus puisse m'en vouloir de partager une aussi belle trouvaille


Sur un petit meuble impossible à ouvrir sa trouvait un miroir (qui ne reflétait plus grand chose)


Au pied du miroir, une lampe avait connu des jours meilleurs



L'interrupteur de cette chambre avait lui aussi un air de nostalgie. Quand un lieu est abandonné depuis quelques années, les modes changent autour de lui, mais lui reste magiquement hors du temps et c'est un plaisir à redécouvrir.


Les deux dernières pièces, bien que vastes, étaient entièrement vides et brulées. Seuls des cadavres de poutres porteuses calcinés gisaient au sol.

Notre curiosité nous invitait à visiter les sous-sols mais le froid, la fatigue et surtout l'état peu rassurant de la maison nous conseilla plutôt de rentrer chez nous.

Nous sommes alors parti après quelques derniers clichés extérieurs...





Je remercie mon amie Taronaru de m'avoir partagé ses photos.
Et les deux autres amis qui m'accompagnaient aussi ce jour là.
Cette visite à La Maison Fermée est la plus pleine de belles découvertes que j'ai faite et j'espère découvrir encore beaucoup de nouvelles choses, dans beaucoup de nouveaux endroits.